En aparté avec ma psy : le blog de Sabrina Muller

En aparté avec ma psy : le blog de Sabrina Muller

Cette envie d’écrire est une petite graine présente en moi depuis de nombreuses années, qui commence aujourd’hui à se dessiner, un désir de partage.

Vous l’aurez compris en visitant mon site, je suis psychologue!

Alors pourquoi pas ouvrir les portes de l’intimité de ma pratique pour pouvoir peut-être aider à démystifier ce métier. Mais aussi partager certaines réflexions, lectures ou outils pour mieux vivre avec soi-même.

Photo de Bethany Cirlincione sur Unsplash

Quelques conseils pour traverser la crise actuelle…

Situation inédite

Nous vivons une période inédite, qui se prolonge depuis un an, et qui met à l’épreuve nos capacités d’adaptation et d’endurance.

Alors oui, il y a un an, au premier confinement nous étions sous le choc et en même temps nous avons, pour beaucoup, essayé de profiter de ce temps de repli. Nous pensions que cet effort demandé serait comme un SPRINT! Mais finalement il nous apparaît comme un MARATHON sans que nous puissions voir la ligne d’arrivée. Nous sommes alors amenés à puiser dans nos réserves, nos ressources pour faire face à ce traumatisme collectif.

Cette situation nous confronte à 2 conséquences principales :

  • à une nouvelle maladie avec des mutations, où les informations arrivent au fur à mesure des études. Cela nous confronte à la mort, à l’angoisse de mort et à la rupture du sentiment d’immortalité.
  • impose un isolement social avec les confinements successifs et les restrictions de liberté.

Plusieurs réactions sont possibles face à ce stress :

  • s’adapter en pratiquant les gestes barrières, essayer de trouver des plaisirs permettant de tenir, garder le lien avec ses proches (en profitant des nouvelles technologies)…
  • le déni est aussi possible, lié à l’angoisse de mort, il permet d’annuler la dangerosité de ce virus. Il se manifeste par le non-respect des gestes barrières, la banalisation de la crise, les fêtes réunissant de nombreuses personnes… Cela permet de mettre à distance cette réalité anxiogène.
  • peuvent apparaître des troubles du sommeil, de l’anxiété, une altération du jugement, des troubles de l’humeur avec des affects dépressifs…

Quelques conseils pour « rester endurant »:

  • toutes ces activités expérimentés au premier confinement et qui permettent de mieux vivre cette situation telles que le jardinage, la cuisine, la méditation, le sport, la lecture… Enfin tous ces outils qui mettent le mental au repos afin de se ressourcer dans le moment présent. Des moments qui génèrent du plaisir, source d’énergie vitale.
  • Rester en lien avec ses proches, même si c’est par les nouvelles technologies. Nous avons pu nous rendre compte cette dernière année que nous sommes des êtres sociaux. Nous comprenons mieux pourquoi un bébé ne peut survivre sans contact. En effet l’être humain a besoin de l’Autre pour s’épanouir. Nous sommes tous interdépendants les uns des autres, ce qui est d’ailleurs à la base de la notion de société (qui est mise à mal ces derniers temps).
  • S’informer pour rester vigilant et alerte mais non en discontinu pour éviter la boucle anxiogène.
  • Lâcher-prise, accepter les émotions ressentis. Il est normal d’être anxieux dans cette situation. Accepter l’incertitude du moment. Accepter n’est pas être d’accord mais faire avec la situation imposée.
  • Avoir confiance aux capacités de résilience de l’être humain : cela demande d’accepter d’être transformé par l’épreuve pour s’adapter. La rigidité, la résistance au changement procure un mal-être.

« Accepter, ce n’est pas se résigner, mais rien ne vous fera perdre plus d’énergie que de résister face à une situation que vous ne pouvez pas changer  » Dalaï-Lama

Prenez soin de vous, faites de votre mieux pour vous ressourcer dans votre intériorité tout en restant lié aux autres.

« En thérapie » série sur ARTE

Avis sur la nouvelle série d’Arte  » en thérapie »

Elle se compose de 35 épisodes diffusés le jeudi du 4 février au 25 mars à 20h55 ou encore sur Arte.Tv

Réalisée par Eric Toledano et Olivier Nakache. Un divan, cinq patients, en France au lendemain des attentats du 13 novembre 2015. Reprise d’une série israélienne Betipul.

Les personnages y sont attachants, on a plaisir à les retrouver tout au long des épisodes.

Le sujet des attentats, même si très différent, vient d’une certaine façon faire écho à la période actuelle de pandémie, qui nous bouscule tous tant au niveau sociétal que dans notre intimité. Cette série met en lumière un traumatisme qui peut être engendré sur l’ensemble de la société, mais aussi les remises en questions personnelles.

Bien que caricaturée, elle a l’avantage de permettre aux téléspectateurs de découvrir ou de retrouver les éléments principaux d’une psychanalyse. Même si un épisode est très condensé par rapport à une séance réelle, que le psychanalyste fait beaucoup d’interprétations dans un seul entretien et on doit l’avouer, parle un peu trop de lui… Nous retrouvons les fondements d’une analyse.

Elle peut aussi lever des réticences à consulter et même donner envie à certains de mieux se connaître.

https://www.arte.tv/fr/videos/RC-020578/en-therapie/

Le choix du thérapeute

C’est décidé, vous allez voir un psy ! Oui, mais lequel ?

Déjà le terme « psy » est assez vague, il paraît important d’éclaircir tout d’abord ce point. Faisons d’abord la différence entre un psychiatre et un psychologue.

Un psychiatre

C’est un médecin qui peut prescrire des traitements visant à calmer les troubles liés à une pathologie mentale, remboursé par la sécurité sociale.

Un psychologue

Il n’est pas médecin, il a une formation universitaire d’au minimum 5 ans. nous pouvons nous y rendre librement, sans prescription.

La consultation chez un psychiatre est préférable quand un traitement est nécessaire, puis quand les symptômes sont plus «lourds ». Si vous entendez des voix, ou avez une méfiance excessive pour autrui, l’impression qu’on complote contre vous… il sera plus approprié de consulter un psychiatre en première intention.

Il arrive aussi que le patient soit suivi par un psychiatre qui évalue le traitement et fasse en parallèle une psychothérapie chez un psychologue, par exemple dans des dépressions. Ceci permet que les troubles puissent être rapidement apaisées en surface par les médicaments et la psychothérapie pourra agir progressivement pour traiter les troubles en profondeur.

Mais alors qu’est-ce qu’un psychothérapeute ?

Le titre est protégé depuis quelques années afin de protéger le public du charlatanisme dans le secteur médical. Les psychiatres et les psychologues clinicien ont droit à ce titre ; ainsi que des personnes ayant suivi certaines formations reconnues en psychologie mais ils auront dû faire valider leur titre et donc de disposer d’un numéro ADELI (ce numéro certifie que vous avez à faire à un spécialiste reconnu dans le domaine de la santé).

Un psychanalyste

C’est est un professionnel formé sur le plan théorique et pratique à mener des cures psychanalytiques. Le titre n’est pas protégé, toutefois, avoir fait une cure psychanalytique est le pré requis essentiel pour commencer une formation dans le cadre d’une association psychanalytique.

Une fois cette distinction faite, lequel choisir ?

Certaines personnes choisissent un psychologue dans les pages jaunes ou sur internet de façon aléatoire, d’autres demandent conseil à leur médecin traitant ou viennent aussi par « le bouche à oreille « . La plupart des patients ne connaissent pas vraiment les différentes approches théoriques. N’hésitez pas à poser ces différentes questions au praticien que vous rencontrerez.

Le premier contact téléphonique, ainsi que la première rencontre avec le professionnel en question sont essentiels. Il est important que vous sentiez « qu’un certain feeling » passe entre vous, que vous vous sentiez à l’aise, en confiance.

Faites confiance à vos ressentis et écoutez vous car chaque professionnel, même avec une formation identique, est différent.

La qualité de la relation thérapeutique est essentielle. Même si être psychothérapeute est un métier, avec une technique, un savoir faire. Le déroulement de la thérapie, nos émotions, nos rêves, nos associations d’idées seront influencées par le genre de notre thérapeute, mais aussi par sa personnalité, ses choix théoriques, son approche.

Qu’est-ce qui amène à frapper à la porte d’un psychologue?

Le motif d’une première consultation est toujours un MAL-ÊTRE

Il peut se décliner sous différentes formes : dépression, burn-out, angoisses, troubles du sommeil…

Le corps ressent un éprouvé sensoriel désagréable, voir insoutenable. Un sentiment «d’étrangeté», qui pousse à aller demander de l’aide à un Autre : un professionnel.

Il est important de se rendre compte que le mal-être ressenti nous sert d’état d’alerte. Notre corps et notre esprit nous manifestent à travers ces symptômes que quelque chose ne va pas.

Les déclencheurs

L’angoisse, la souffrance, nous poussent à faire ce travail sur soi. Ils sont là pour nous montrer qu’une métamorphose est nécessaire.

Ecoutez le mot « dé – pression », nous pouvons l’entendre comme enlever la pression, sortir du carcan (fantasmatique) dans lequel nous nous sommes enfermés.

Pour la plupart des patients, il est très déroutant de ne pas contrôler ce mal-être. Et encore plus déconcertant de ne pas réussir d’emblée à l’interpréter. C’est comme être dans un bateau qui prend l’eau avec la sensation de pouvoir couler en se sentant impuissant. Réaliser une certaine étrangeté à l’intérieur de soi… « Soi » que nous pensons connaître, avec qui nous cohabitons depuis tant d’années.

Certains patients ouvrent la porte du cabinet, en ayant déjà tentés à plusieurs reprises de reprendre le contrôle, de colmater les fuites, en se faisant violence pour continuer « leur vie d’avant ».

« D’avant » car cela représente d’une certaine façon, une rupture, et la nécessité d’un changement de cap. Ce mal-être crie de plus en plus fort jusqu’à ce qu’il soit écouté. Il peut aller jusqu’à donner la sensation de se perdre, développer des maladies, des douleurs, ou même avoir des idées noires.

C’est un effort important pour beaucoup de patients de faire la démarche de demander de l’aide. Souvent d’abord à un médecin, puis de se diriger vers un psychologue.

psychologue métamorphose
Photo de Boris Smokrovic Unsplash

Une épreuve pour grandir

Mais la dépression, si elle est prise en compte, se révèle finalement une épreuve nécessaire pour grandir.

Ce qui amène à consulter est très souvent un symptôme qui se manifeste pour nous montrer qu’il existe un conflit intérieur.

Je parle beaucoup de dépression mais cela peut s’élargir à diverses problématiques : telle que l’anorexie, les troubles alimentaires, la dépendance affective, les addictions…

Le travail de psychothérapie permettra d’en interpréter la signification inconsciente, le sens caché de cette crise.

« Crise », qui si elle est acceptée et affrontée, permettra non seulement un apaisement mais un changement profond et durable.

C’est aussi un premier pas pour s’accorder du temps, prendre soin de soi et se remettre au centre de sa vie.

https://sabrina-muller-psychologue.fr/